(Rio de Janeiro, Brésil 20-22 juin 2012) après RIO I en 1992.

Du premier Rio, il ne reste plus grand-chose. Vingt ans plus tard, la faune et la flore sont de plus en plus menacées : 15 à 37 % de la biodiversité pourrait disparaître d’ici à 2050. Aujourd’hui, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % des plantes sont en danger. La désertification est une cause négligée, alors que le phénomène touche presque un tiers des terres émergées et menace 2 milliards de personnes dans le monde. Six millions d’hectares de terres agricoles disparaissent chaque année à cause de la progression de la désertification.

À l’horizon 2025, l’Afrique pourrait bien ne plus pouvoir nourrir qu’un quart de sa population. La lutte contre le changement climatique, après avoir connu son heure de gloire avec la signature du protocole de Kyoto en 1997, qui fixait des objectifs contraignants aux pays industrialisés, a subi un coup d’arrêt à Copenhague en 2009. Alors que les rapports d’experts sur le changement climatique se font chacun plus pessimistes sur notre capacité collective à maîtriser nos émissions de CO2, la dynamique mondiale de lutte contre le réchauffement climatique est enrayée.

Les écarts de développement continuent de s’accentuer, entre les pays les plus riches et les plus pauvres et au sein des Etats, avec dans le même temps le décollage des pays émergents. Les pays développés sont frappés par l’une des plus graves crises économiques et financières de leur histoire. Le multilatéralisme est en crise et la capacité de prendre des décisions collectives au plan international a nettement régressé au cours de la dernière décennie.  Des thématiques majeures  ont été débattues lors de Rio +20,  comme l’économie verte dans le cadre du développement durable, l’éradication de la pauvreté , le cadre institutionnel du développement durable.

 Rio + 20 est il un échec ?

Le texte Rio+ 20 peut sembler insuffisant si l’on veut un mode de vie à 7 milliards d’humains, compatible avec les limites de la planète. Il n’apporte pas les réponses immédiates que l’urgence environnementale exige. Toutefois  Rio+20 a fait l’objet d’un accord mondial et c’est en soi, un acte politique fort. Il inclut des pays émergents pour lesquels l’acceptation d’une gouvernance multilatérale de la planète est encore loin d’une évidence quand leur priorité reste leur niveau de développement propre.

Le système des Nations-Unies reposant sur le consensus, fait que cet accord manque d’objectifs contraignants. Pour autant, il offre des perspectives sur lesquelles on pourra construire. Plus que les Etats, les peuples peuvent être le moteur du changement vers le développement durable. Les Objectifs du Développement durable (ODD) sont nés. C’est la première fois que la communauté internationale se met d’accord sur le principe de cibles et d’indicateurs du développement durable. Si la  liste de ces ODD n’a pas été fixée mais la mise en place d’un calendrier ainsi qu’une  méthodologie  ont été actés. Donc de nouveaux chantiers s’ouvrent pour, construire la gestion soutenable de notre planète car l’urgence environnementale demeure.

Leonide  Celini

Biologiste, Commission environnement, biodiversité, agriculture

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